Cameroun: ouverture du procès kafkaïen des militants du MRC

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Trente des 150 militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, arrêté fin janvier, ont comparu le 18 février devant les juges du tribunal de première instance du Mfoundi, accusés notamment d '"incitation à l'insurrection ". Les audiences reprendront le 25 février.


C’est sous une forte mobilisation sécuritaire que les trente militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), arrêté lors des manifestations pacifiques organisées le 26 janvier dernier, ont été entendus pour la première fois par les juges du tribunal de première instance de Yaoundé.


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Près de 150 militants du MRC avaient été arrêtés à la suite de la "marche blanche" organisée par le parti politique, notamment le dirigeant Maurice Kamto, ses alliés politiques ainsi que les cadres du parti. L'Etat du Cameroun les accuse de "rébellion de groupe", "d'hostilité contre la patrie", de "trouble à l'ordre public" et "d'incitation à l'insurrection".

C'est un procès kafkaïen qui se tient là-bas, la justice camerounaise est aux prises avec un régime exécutif qui contrôle tout

Préoccupations de la MRC

Même avant le début de l'audience, les responsables de la MRC ont présenté leurs préoccupations quant à la neutralité du jugement. "C'est un procès kafkaïen qui se tient, la justice camerounaise est aux prises avec un régime exécutif qui contrôle tout. Nous savons toujours que la justice inclut les patriotes, nous espérons donc que l'équilibre est du côté de la justice", a déclaré le vice-président. Mamadou Mota de la MRC, interviewée par Jeune Afrique.

"Vous avez vous-même constaté la forte présence de la police et de la police, qui empêchait presque les plaideurs d'entrer. Même lors des procès de Boko Haram, nous ne l'avons jamais vu. Ce n'est pas un procès ordinaire, cette audience est quelque chose de spécial", a ajouté Emmanuel Simh.


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Première victoire de la défense

Douze accusés au total ont réussi à la barre du tribunal lors de cette première audience qui s'est terminée à 19 heures. Les avocats de la défense ont obtenu une première victoire en réussissant à réduire le nombre de minutes d’enquêtes préliminaires présentées par le procureur. Compte tenu des 43 déclarations présentées, la défense a donc soulevé un vice de procédure avant l'ouverture de la procédure, ce qui a suscité une vive controverse auprès des magistrats et du commissaire du gouvernement.

"Nous sommes arrivés à l'audience et le président du tribunal nous a dit qu'il y avait trois dossiers différents. Mais ces dossiers ont été joints dans un jugement" avant de dire juste ", prononcé vendredi dernier [le 15 février, ndlr]. Nous ne pouvions pas accepter cela. "

Après plusieurs heures d'échanges, la défense s'est conformée à l'arrêt "de premier plan" selon lequel toutes les affaires devraient être regroupées dans un seul dossier. Les procès-verbaux non liés aux manifestations de la MRC ont été rejetés et seuls 30 d'entre eux ont finalement été sélectionnés pour les débats.

Au moins cinq audiences nécessaires

Dans un discours final, le président du tribunal a déclaré qu'il faudrait moins de cinq audiences pour mener à bien cette affaire. Une déclaration qui a reçu des approbations au sein de la défense, qui craignait que le procès dure trop longtemps. "Nous sommes prêts et nous voulons que nos clients soient jugés rapidement. Nous voulions que l'audience se poursuive, mais il en a été décidé autrement", a déclaré l'un des avocats.

La procédure a été suspendue et reportée au 25 février pour entendre les autres accusés. Le reste des militants de la MRC arrêtés dans le contexte des marchés blancs sont toujours devant le juge d'instruction, où des audiences sont en cours pour déterminer les charges tangibles à leur encontre.