Cas de trypanosomiase en Afrique du Sud au retour de voyages en Afrique de l’Est

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En Afrique du Sud, la trypanosomiase humaine africaine a été confirmée chez 2 patients admis dans un hôpital de Johannesburg pendant la semaine du 17 au 23 décembre 2018.

Les deux patients ont présenté une maladie fébrile aiguë qui a évolué rapidement vers une atteinte polyviscérale qui a conduit à leur admission dans une unité de soins intensifs.

  • Le premier patient est un travailleur de 24 ans dans la zone de Luauno, adjacente à la limite nord du Lower Zambezi Game Park en Zambie. Il présentait une lésion cutanée (chancre trypanosomique typique). Le diagnostic de trypanosomiase humaine africaine a été rapidement confirmé sur un frottis sanguin. Ce patient a très bien réagi au traitement associant diurèse , transfusion plaquettaire et suramine.
  • Le deuxième patient est un homme de 24 ans originaire du Royaume-Uni travailleur bénévole sur un projet de recensement des éléphants dans la Vwaza Marsh Wildlife Reserve au Malawi. Il a développé une maladie fébrile aiguë et son état s’est détérioré avec une insuffisance hépatique, un état de choc (mais sans myocardite), une encéphalopathie,  une pneumonie du lobe inférieur, des saignements et une insuffisance rénale. Il avait un chancre trypanosomique typique. Le diagnostic a été confirmé sur un frottis de sang périphérique.

Au cours des voyages en Afrique, alors que le paludisme est toujours l’infection la plus importante à considérer, la trypanosomiase doit être considérée comme une urgence dans le diagnostic différentiel chez les personnes présentant un état fébrile aigu qui se détériore.

Rappels sur la trypanosomiase humaine africaine

La trypanosomiase humaine africaine, plus connue sous le nom de maladie du sommeil africaine, est une maladie parasitaire qui tue des milliers de personnes en Afrique subsaharienne chaque année.

La trypanosomiase humaine africaine est une parasitose à transmission vectorielle. Le parasite est un protozoaire appartenant au genre Trypanosoma. Il est transmis à l’homme par la piqûre d’une glossine, ou mouche tsé-tsé, (du genre Glossina) qui s’est elle-même infectée à partir d’êtres humains ou d’animaux porteurs de parasites pathogènes. On trouve uniquement les mouches tsé-tsé en Afrique subsaharienne et seules certaines espèces transmettent la maladie.

La trypanosomiase humaine africaine se présente sous deux formes, dues à deux parasites différents:

  • Le Trypanosoma brucei gambiense se retrouve dans 24 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Cette forme représente actuellement plus de 98% des cas notifiés de maladie du sommeil et provoque une infection chronique. Elle associe d’abord dans sa phase de généralisation une fièvre irrégulière, avec céphalées et arthralgies, un prurit intense, et des trypanides (éruptions érythémateuses, maculeuses ou papuleuses). Au cours de la phase de polarisation cérébrale s’ajoutent les signes de méningo-encéphalite.
  • Le Trypanosoma brucei rhodesiense se retrouve dans 13 pays d’Afrique orientale et d’Afrique australe. Aujourd’hui, cette forme représente moins de 2% des cas notifiés et provoque une infection aiguë. Cette forme est une maladie aiguë de début brutal, avec atteinte cardiaque (myocardite) et rénale (protéinurie), d’évolution rapidement fatale.

Les populations rurales vivant dans les régions où a lieu la transmission et qui dépendent de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage ou de la chasse sont les plus exposées à la mouche tsé-tsé et par conséquent à la maladie. La trypanosomiase humaine africaine est une maladie intégrée dans le programme de l’Organisation mondiale de la santé des maladies négligées, un travail conséquent de cartographie a été mis en place et reste accessible à partir du site de l’OMS :

La trypanosomiase humaine africaine reste rare chez les touristes. Un travail rétrospectif mené publié en 2008 a permis une estimation de l’incidence de la trypanosomiase humaine africaine chez le touriste français à 1,2 par million de voyageurs. Toutefois, depuis 15 ans, on observe au niveau mondial un signalement régulier de cas chez les touristes. Les modifications des modes de séjours avec le développement de l’écotourisme, du tourisme solidaire, mais également les circuits organisés de visites ou de safaris dans les parcs animaliers favorisent le contact touriste-vecteur.

Ainsi, les visiteurs de parcs et de safaris doivent être conscients de la présence de mouche tsé-tsé et éviter d’être piqué (port de vêtements couvrants imprégnés d’insecticides, répulsifs anti-insectes sur la peau découverte).

Source : Promed.