Conférence d’Alger sur la crise migratoire : Impliquer l’Afrique et agir ensemble

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l Des mesures pour lutter contre l’immigration irrégulière, la fuite des compétences et des capitaux. l Encourager les investissements ciblés (emploi, innovation et industrialisation).

La société civile africaine, réunie à Alger dans le cadre de la 2e édition de la Conférence  internationale des ONG  africaines membres de l’ECOSOC des Nations unies (CIDAME-ONU), ouverte lundi dernier au Centre international des conférences, est décidée à se prendre en main.
«Notre destin est entre nos mains», a affirmé, hier, Ali Sahel, le président du comité d’organisation de cette conférence, dans son allocution de clôture. Et au président du Parlement africain, Jean-Claude Dro Kesse, de renchérir, en affirmant : «Nous savons régler nos problèmes.»

Un message destiné à ceux qui soutiennent que les pays africains sont dans l’incapacité de trouver des solutions aux problèmes auxquels le continent fait face dont ceux de la migration irrégulière et du développement.
Pour preuve, les participants à cette conférence ont convenu à l’issue de leurs travaux, achevés hier,   «d’agir ensemble en tant que force de proposition, bâtisseur, partenaire incontournable dans l’édification de l’Afrique» qu’ils souhaitent voir se  construire à l’avenir.
Aussi ont-ils souligné après trois jours de débats et d’échanges «la nécessité d’associer de manière effective la société civile dans le processus de prise de toutes les décisions engageant l’avenir de l’Afrique».
Les participants, venus de 30 pays africains, ont également décidé de participer activement à la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et de parrainer le projet de mise en place de la plate-forme Initiative Agenda 2063.
De même, qu’ils ont décidé de s’investir totalement et d’œuvrer sans relâche au renforcement des liens d’amitié et de solidarité entre tous les acteurs de la société civile africaine, d’agir pour la promotion d’un dialogue inclusif entre les différents acteurs pour le développement de l’Afrique.
Ils recommandent la création d’un fonds d’assistance et de promotion des actions de développement initiés par la société civile africaine. Ils soulignent «la nécessité de promouvoir l’entrepreneuriat, l’innovation, l’industrialisation inclusive pour jeter les bases d’un développement pérenne de l’Afrique».
A la question de comment engager l’Afrique face à la crise migratoire ? Ils ont estimé utile de «participer à la création de conditions politiques et sociales permettant de lutter notamment contre la migration irrégulière, la fuite des compétences ainsi que les capitaux», à travers notamment l’encouragement des investissements ciblés vers le développement et la création d’emploi au profit des jeunes et femmes.

Faiblesse des médias africains

Lors de leurs interventions, les conférenciers et autres participants n’ont pas manqué de relever la nécessaire implication des Africains afin de faire face aux nombreux défis que le continent doit relever et dont ils sont conscients.
Mais pour ce faire, sera-t-il souligné, il faut, sur le plan médiatique, une stratégie de communication plus offensive. L’incapacité des médias africains à changer l’image négative de l’Afrique véhiculée par les médias occidentaux a été pointée du doigt par M. Lazhar Marok, professeur en communication. Il indiquera la nécessité pour l’Afrique de se doter de mass-medias aptes à rivaliser avec les grandes agences de presse internationales qui ne perçoivent l’Afrique que sous l’angle des conflits et autres catastrophes. De son côté le professeur Keddi ne manquera pas de rappeler  les paradoxes  du  continent  riche et pauvre à la fois. La vice-présidente du FCE, Mme Haddad, insistera dans son intervention sur la nécessité de créer les espaces de concertation pour permettre aux jeunes et aux femmes de contribuer à la prise de décision en Afrique. Le représentant du ministère de l’Intérieur, M. Kacimi a, lui, mis l’accent sur l’importance de la formation de la ressource humaine dans le continent car, dira-t-il, sans l’adhésion de la société il y aura toujours des failles dans notamment le dispositif de sécurité. Il plaidera aussi pour une politique de développement des zones désertiques aux frontières devenues des sanctuaires des groupes criminels. Le représentant du ministère de l’Intérieur indiquera à ce sujet que la «stratégie de l’Algérie est de réduire les écarts de développement et de mettre en place des infrastructures afin de réduire les fragilités». C’est, dira M. Kacimi, «Une vision régionale et continentale», et d’affirmer que l’Algérie projette le développement de l’Afrique. Il en voudra pour preuve la réalisation du méga projet du port de Cherchell qui permettra de faire baisser le prix de revient de la marchandise de 27%.
Nadia Kerraz


l’Algérie, pour une « solution globale »

Le directeur du centre des opérations chargé du dossier de la migration au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, Hassan Kacimi, a réitéré la position de l’Algérie de «refus catégorique» de la proposition de l’Union européenne pour la création de plateformes migratoires, affirmant que le phénomène de la migration clandestine exige une «solution globale». S’exprimant en marge de la dernière journée des travaux de la conférence, M. Kacimi a indiqué que la proposition européenne de créer des plateformes de migrants dans les pays nord-africains n’est pas une «vision acceptable», ajoutant que l’Algérie avait fait des propositions visant à prendre en charge le phénomène dans le cadre d’une «solution globale» impliquant des projets de «développements, de création d’emploi et de fixation des populations des pays africains».
Rappelant que le ministère des Affaires étrangères avait déjà exprimé la position officielle de l’Algérie à ce sujet, M. Kacimi a affirmé que «la résolution de la crise migratoire ne peut être basée uniquement sur l’adoption de mesures sécuritaires». «L’Algérie est en train de déployer d’importants efforts dans ce cadre de la coopération avec les pays africains et de la région pour aider au règlement de cette crise en tenant compte des spécificités, du respect des droits de l’homme et des conventions internationales», a soutenu M. Kacemi. Il a, dans le même contexte, ajouté que l’Algérie «fait face à d’importants flux de migrants, notamment au niveau des frontières sud du pays».

Faire face ensemble aux défis majeurs

Auparavant, le même responsable a indiqué dans une intervention, lors de la séance plénière, que la création d’un espace africain de libre circulation des personnes est une «ambition légitime», précisant toutefois que les Etats africains doivent d’abord préparer le terrain et faire face à des «défis majeurs» pour concrétiser cet objectif. M. Kacimi a affirmé dans ce contexte que la création d’un espace africain de libre circulation des personnes est une «exigence» qui nécessite de garantir, entre autres, la sécurité des Etats et des personnes et de leurs biens, expliquant que «les Etats européens avaient mis près de 70 ans pour mettre en place l’espace Schengen, sans que les frontières ne disparaissent totalement».
Evoquant les «défis majeurs» auxquels devront faire face les Etats africains pour la «dématérialisation des frontières», le responsable du ministère de l’Intérieur a cité la «détresse hydrique» dans les pays du Sahel, où vivent, a-t-il relevé, 30 millions de personnes, qui sont confrontés constamment à la sécheresse. «Quatre pays africains, le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger vivent autour du lac Tchad. Si le lac s’assèche un jour, nous serions amenés à assister à un exode, vers le nord de l’Afrique, de 20 millions de personnes», a alerté l’intervenant.
Parmi les autres défis qui devront être également surmontés par les pays africains, M. Kacimi a insisté sur la prise en charge de la «détresse alimentaire» et les «maladies tropicales», tels que le paludisme et l’Ebola, estimant que l’Afrique dispose de «la volonté et de moyens pour y faire face».
L’autre préoccupation qui implique, selon lui, une coordination et une préparation entre les Etats africains est celle de la lutte contre la «criminalité transfrontalière», qui fragilise et porte atteinte à la souveraineté de ces pays, a-t-il mentionné. «Nous sommes face à des entreprises criminelles spécialisées qui utilisent des moyens technologiques et qui tirent des revenus de leurs activités criminelles parfois plus importants que ceux de certains Etats du continent», a-t-il argumenté, soutenant que l’Algérie dispose d’une stratégie, à même de contribuer au développement dans les pays frontaliers.


Hommage au président Bouteflika
l’Algérie restera un symbole de courage et de dignité

La 2e édition de la conférence internationale des ONG  africaines, membres de l’ECOSOC des Nations unies (CIDAME-ONU) réunie à Alger, a rendu un vibrant hommage au Président Bouteflika pour sa contribution au développement du continent africain. «Il a su, ont souligné les participants dans une motion de remerciement, traduire en actes concrets les aspirations profondes et légitimes des peuples d’Afrique à la liberté, à la dignité, au bonheur, à la prospérité, au bon voisinage et qui poursuit avec fidélité, sagesse et détermination son action en faveur de la paix, la préservation de l’identité africaine, pour le respect des droits de l’homme, du droit international humanitaire, pour le triomphe des causes justes, pour le parachèvement total de la décolonisation en Afrique et pour l’avènement d’un monde meilleur où règne justice et sécurité». Les rédacteurs de cette motion ont affirmé que l’Algérie restera pour la société civile «le symbole du courage et de la dignité et une terre d’accueil et d’inspiration aux nobles idéaux de l’humanité, de libération et d’indépendance». Pour les participants cette motion est un juste retour de l’engagement africain de l’Algérie. «Il est juste ici et maintenant que l’histoire enregistre encore une fois l’engagement africain de l’Algérie qui dans un contexte particulier marqué par une pression migratoire sans précédent et à laquelle elle répond avec le respect de la dignité humaine garantissant la protection et la promotion des droits de l’homme».
N. K.


Le FCE salue l’engagement du président Bouteflika en faveur des causes africaines

La vice-présidente du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Nacéra Haddad, a salué les engagements du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, en faveur de l’Afrique, qualifiant le Chef de l’Etat de «militant de la cause africaine». Mme Haddad a rappelé les actions menées par le Président Bouteflika en faveur du continent, ce qui fait de lui «un militant de la cause africaine», notamment à travers son rôle joué dans l’élaboration du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Mme Haddad a, à la même occasion, rappelé la décision prise récemment par le Président de la République de créer une agence dédiée au développement des territoires frontaliers pour favoriser la «dynamique régionale», affirmant qu’il s’agit là d’un «exemple à suivre en matière de politique d’intégration interafricaine».

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