Développement / Dr. Gaston Gohou, Président de DS Institute, Canada: "L’Afrique doit se moderniser …

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L'économiste ivoirien Gaston Gohou, président du DSI (Development Solutions Institute) au Canada, est à Abidjan depuis quelques jours pour une série de conférences. A l'occasion du sommet de Davos, il a donné son avis sur les attentes du continent africain vis-à-vis du Forum économique de Davos (ou Forum économique mondial en anglais) qui réunit chaque année environ 3 000 dirigeants du secteur public, du secteur privé et de la société civile pour débattre des problèmes du monde et se déroule cette année du 22 au 25 janvier 2019.

Que peut attendre l'Afrique de cette rencontre?

Il est difficile de mesurer explicitement les conséquences de cette réunion sur l’Afrique. L’Afrique est représentée au forum de Davos par 118 participants sur quelque 2 500 participants. Le but principal de la réunion est de mettre en contact des experts / dirigeants du secteur public avec ceux du secteur privé. L’Afrique ne peut tirer profit de cette réunion que si elle est organisée et peut parler d’une seule voix des grands projets communs devant être mis en œuvre en Afrique. La possibilité de rencontrer en un même lieu les dirigeants de grandes entreprises permet de discuter rapidement de projets d'envergure (construction d'une autoroute traversant toute l'Afrique ou projet de libre échange entre pays africains).

Au niveau du secteur privé, le coût très élevé de la participation (30 millions de FCFA) freine la participation des entreprises africaines. Il est donc difficile pour le secteur privé africain de bénéficier du forum de Davos.

Quel est l'état économique de l'Afrique en 2018 et les perspectives pour 2019?

La croissance économique de l'Afrique était d'environ 3,5% en 2018 et devrait reculer légèrement à 4,1% en 2019, ce qui contraste avec le ralentissement de la croissance mondiale prévu dans le contexte d'une guerre commerciale entre les États-Unis et Chine. Toutefois, force est de constater que la croissance de l’Afrique n’est pas assez forte pour modifier structurellement l’économie africaine. Le secteur industriel doit apporter la croissance économique et il est important que les pays puissent y consacrer leur énergie.

A votre avis, aujourd'hui, quels sont les piliers de l'économie africaine?

Les changements structurels dans l'économie africaine reposeront sur deux piliers: l'amélioration de l'environnement des entreprises pour les PME et la modernisation de l'agriculture. Les PME constituent le segment le plus important du secteur privé et le plus intensif en emploi. Il est donc important de faciliter le développement des PME par le biais de politiques publiques volontaristes d’appui aux PME, dans la mesure où certains pays, tels que la Côte d’Ivoire, ont commencé à se doter de la création de l’Agence des PME de Côte d’Ivoire. Le rôle de cette agence est de centraliser toutes les activités des gouvernements en faveur des PME afin de permettre la création et le développement de PME compétitives qui deviendront de grandes entreprises demain.

En ce qui concerne la modernisation de l'agriculture, cela complète le développement des PME. En fait, la modernisation de l'agriculture signifie que les exploitations agricoles doivent être gérées comme des PME privées. Les agriculteurs doivent pouvoir agrandir leurs exploitations, augmenter leur production et tenir des registres. Ce changement constituera le début du développement des PME dans le secteur agro-industriel et industriel en général. Ce développement se fera par la mise en place de la chaîne de valeur des matières premières.

Afin de pouvoir mettre en place toutes ces stratégies de développement, les gouvernements africains, qui ont déjà des dirigeants de haut niveau, ont besoin d'une expérience internationale. Cette expérience peut être fournie par des structures de soutien telles que le DS Institute, un centre de recherche appliquée sur les problèmes de développement de faible niveau au Canada, avec des bureaux en Côte d'Ivoire, au Rwanda, en Tunisie et en Birmanie. Le DS Institute a aidé plus de 53 pays d'Afrique, d'Asie, d'Europe et d'Amérique sur des questions de développement.

En plus de l’assistant technique, le DS Institute effectue également des recherches appliquées sur les questions de développement. À ce titre, il a publié un livre sur l'impact des investissements directs étrangers sur le développement en Afrique.

Le Forum économique mondial – FEM – Le Forum de Davos a été créé en 1971 par le professeur Klaus Schwab en tant qu’organisation à but non lucratif. À l'origine, il s'appelait le European Management Forum et réunissait des chefs d'entreprise européens pour les familiariser avec les pratiques commerciales américaines et discuter des opportunités d'amélioration de leurs activités. En 1987, le forum a changé de nom pour devenir le Forum économique mondial. Le FEM devient ainsi une plate-forme pour la résolution des conflits internationaux.

La mission du forum est d’améliorer la situation dans le monde. Le FEM est surtout connu pour sa réunion annuelle qui se tient à la fin du mois de janvier à Davos, une station de ski située dans l’est de la Suisse. Le FEM est basé à Cologne (Suisse) et possède des bureaux à New York, Beijing et Tokyo.

Le conseil d'administration est présidé par le FEM. Il est présidé par le professeur Klaus Schwab. Ses membres sont des chefs d’entreprise, des responsables politiques, des universités et des représentants de la société civile. Par exemple, Christine Lagarde du FMI et Al Gore.

Le FEM est financé par 1 000 sociétés membres dont le chiffre d’affaires est d’au moins 5 milliards de dollars américains par an. Les frais d'adhésion sont de 52 000 USD (30 millions FCFA) par an pour une personne et de 263 000 USD (environ 150 millions USD) pour une entreprise.

Atapointe

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