Élection en RDC : retards et confusion

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Les électeurs de la République démocratique du Congo sont appelés aux urnes afin de choisir le successeur du président sortant Joseph Kabila. Les deux principaux candidats d’opposition, Martin Fayulu et Félix Tshisekedi, font la lutte à l’ancien vice-premier ministre Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin de Joseph Kabila.

M. Tshisekedi a accusé le gouvernement de la RDC de créer délibérément le chaos électoral afin d’entraîner une éventuelle contestation en cour risquant de prolonger le temps au pouvoir de Joseph Kabila.

En vertu de la Constitution, le président Kabila aurait dû laisser son poste en 2016. Son gouvernement a toutefois annulé à trois reprises les élections. Joseph Kabila a pris le pouvoir après l’assassinat de son père en 2001.

Corneille Nangaa, chef de la commission électorale, a déclaré à l’Associated Press que près de 50 bureaux de vote dans la capitale, Kinshasa, étaient restés inactifs pendant des heures, car aucune liste des électeurs inscrits n’avait été livrée. La ville tentaculaire est un bastion de l’opposition.

M. Nangaa a lui-même apporté certaines des listes aux bureaux de vote, au milieu de gens dans de longues files criant « Nous voulions voter ! ». Certains, découragés, avaient quitté les lieux avant d’avoir pu voter. Une fois les listes livrées, les foules se sont précipitées aux urnes.

Des groupes d’observateurs ont signalé plusieurs autres problèmes dans ce vaste pays d’Afrique centrale, qui attendait depuis plus de deux ans le vote longtemps différé. Des bureaux de vote ont été déplacés à la dernière minute, des listes d’électeurs étaient manquantes et un certain nombre de nouvelles machines pour voter ne fonctionnaient pas, a indiqué Luc Lutala, porte-parole du groupe civique Symotel, qui a déployé 19 000 observateurs.

« Nous savions qu’il y aurait des problèmes, mais c’est bien au-delà de ce que nous avions anticipé », a soutenu M. Lutala.

Il s’agit de l’avenir d’un pays riche en minéraux, y compris ceux qui sont essentiels aux téléphones intelligents et aux voitures électriques du monde. Pourtant, le Congo reste désespérément sous-développé, avec une corruption et une insécurité largement répandues.

Des gens s’organisent pour voter à Beni, malgré l’interdiction

Des troubles électoraux avaient été redoutés après la décision de dernière minute d’interdire à un million de personnes le droit de vote en raison d’une épidémie mortelle de virus Ebola dans l’est du pays. La décision a été largement critiquée, car elle menaçait la crédibilité de l’élection et mettait en danger le personnel de santé alors que les gens protestaient.

Le vote dans les villes de Beni et de Butembo touchées par le virus Ebola a été reporté au mois de mars, longtemps après l’assermentation prévue du nouveau dirigeant du Congo, en janvier.

Dimanche, plus de 10 000 personnes se sont alignées à Beni pour organiser leur propre élection, s’engageant à communiquer les résultats à la commission électorale. Les gens ont déposé des bulletins de vote en papier et beaucoup ont chanté en swahili : « Le vote est notre droit et personne ne peut nous arrêter. »

Avant de voter, ils ont lavé leurs mains pour se protéger contre le virus Ebola, qui se transmet par des fluides corporels infectés. « Nous n’avons pas le virus Ebola. Kabila est pire que l’Ebola », a dit Jacob Salamu, 24 ans, qui votait pour la première fois.

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