Guinée équatoriale: mise en liberté requise pour le caricaturiste emprisonné depuis 5 mois

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Le procureur de la République de Guinée équatoriale a réclamé la remise en liberté d’un caricaturiste emprisonné depuis plus de cinq mois, à l’ouverture de son procès lundi, en raison d’un « manque de preuves », a constaté l’AFP.

« Pour avoir noté l’absence de preuves évidentes, le ministère public ne requiert aucune peine » contre le caricaturiste Ramon Nse Esono Ebalé, arrêté mi-octobre et placé en détention préventive depuis, a déclaré au tribunal de Malabo le procureur de la République, Rafael Ondo Nguema.

Ramon Nse Esono Ebalé a été arrêté « pour ses oeuvres qui critiquent régulièrement le gouvernement de Guinée équatoriale », avait indiqué l’Union africaine (UA) début février.

Mi septembre, Malabo avait annoncé l’arrestation du dessinateur pour « blanchiment d’argent et usage de faux », après qu’un million de francs CFA en faux billets (environ 1.500 euros) eut été trouvé chez lui.

« Ils m’ont collé ce motif (…) pour que je passe cinq mois en prison. Je ne sais rien (à propos) d’argent mais je sais qu’ils m’ont arrêté pour mes caricatures », a déclaré lors de l’audience Ramon Nse Esono.

Selon l’ONG basée aux Etats-Unis E-G Justice, l’arrestation de Ramon Nse Esono Ebalé, qui vit au Paraguay mais séjournait en Guinée équatoriale depuis vingt jours, serait liée à la publication d’un roman graphique en mai 2016 (« La pesadilla d’Obi », que l’on peut traduire en français par « Le cauchemar d’Obiang »).

Consulté par l’AFP, ce roman graphique dépeint le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo dans la peau d’un citoyen guinéen lambda, pointant notamment du doigt le manque d’accès à l’électricité, aux soins, à l’éducation et la restriction de la liberté d’expression dans son pays.

« Nous avons demandé la libération de notre client Ramon Nse Esono, comme l’a aussi demandé le ministère public, faute de preuves », a déclaré à l’AFP Maria Jésus Bikene, l’un des trois avocats qui ont assuré la défense de Ramon Nse Esono.

« C’était une imputation pure et mal montée, un délit non existant. Je suis satisfait de la qualification finale » des faits, a de son côté déclaré Tomas Esono Ava, père de Ramon Nse Esono.

Le jugement a été mis en délibéré, sans date annoncée.

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