La bataille de l’air est lancée en Afrique

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Des avions de la compagnie Ethiopian Airlines sur le tarmac de l’aéroport Bole d’Addis-Abeba, en mars 2014.
Des avions de la compagnie Ethiopian Airlines sur le tarmac de l’aéroport Bole d’Addis-Abeba, en mars 2014. MICHAEL GOTTSCHALK / PHOTOTHEK / GETTY IMAGES

Dans le ciel africain, une compagnie plane au-dessus des autres. Pour la première fois de son histoire, Ethiopian Airlines a franchi la barre des 10 millions de passagers (10,6 millions) lors de son exercice fiscal 2017-2018, soit une hausse de 21 % par rapport au précédent. Implantée à l’aéroport Bole d’Addis-Abeba, devenue, devant Dubaï, la première plaque tournante du trafic aérien vers l’Afrique, la compagnie n’envisage pas de réduire les gaz. Elle qui propose déjà 21 lignes intérieures vient d’ouvrir une 117e destination internationale en reprenant, lundi 17 décembre, ses vols vers Moscou, interrompus pendant vingt-sept ans, depuis la chute de l’Union soviétique.

Depuis la disparition, en 2002, d’Air Afrique, première compagnie panafricaine, nombre d’Africains sont contraints de faire escale à Paris ou à Londres pour rejoindre certaines capitales du continent africain

L’Etat éthiopien, qui possède 100 % de la société, se frotte les mains. Désignée meilleure compagnie africaine par l’organisme britannique Skytrax en 2018, Ethiopian Airlines a réalisé un bénéfice net de 245 millions de dollars (214 millions d’euros). La compagnie, dont le slogan est The New Spirit of Africa (« le nouvel esprit de l’Afrique »), devrait doubler le nombre de ses appareils d’ici sept ans, pour le porter à 200. « Il s’agit de faire d’Addis-Abeba un hub [une plate-forme de correspondance] important pour les voyages entre l’Afrique et le reste du monde, assure Henok Teferra, vice-président de la stratégie Plan et alliances. Et, compte tenu de la taille du continent, notre stratégie Vision 2025 a aussi défini plusieurs hubs en Afrique. »

Ethiopian Airlines surfe sur un marché qui ne demande qu’à se développer. Depuis la disparition, en 2002, d’Air Afrique, première compagnie panafricaine, nombre d’Africains sont contraints de faire escale à Paris ou à Londres pour rejoindre certaines capitales du continent. Les compagnies européennes et celles du Golfe représentent 80 % du secteur aérien africain.

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Or, avec une augmentation de la classe moyenne africaine de 100 millions de personnes d’ici à 2030, selon la Société financière internationale (IFC), filiale de la Banque mondiale, et le développement du tourisme, le nombre de passagers africains devrait croître de deux tiers d’ici à 2035, à 303 millions par an, d’après l’Association internationale du transport aérien (IATA).