La Tropicale Amissa Bongo : la course africaine que les Français adorent

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Trois équipes françaises (Direct Energie, Arkea-Samsic et Vital Concept-B&B Hotels) participeront à la 14ème édition de la Tropicale Amissa Bongo, au Gabon. Une course que les équipes tricolores plébiscitent. Zoom avec les managers généraux de ces trois équipes.

Le 21 janvier prochain, au départ de Bongoville, les dix sélections africaines qui s’élanceront pour la Tropicale Amissa Bongo côtoieront cinq équipes professionnelles continentales pro (ndlr : la deuxième division du cyclisme). Parmi elles, trois équipes françaises : les vendéens de Direct Energie et les Bretons d’Arkea-Samsic et de Vital Concept-B&B Hotels. Deux de ces équipes sont des habitués de la course gabonaise. Arkea (ex-Fortuneo et Bretagne-Séché) et Direct Energie (auparavant Europcar et Bbox) y participent depuis 2008. Vital Concept, qui débutera alors sa deuxième saison, hororera pour sa part, sa première participation.

Un début de saison idéal.

Pour Jérôme Pineau, manager général de Vital Concept – B&B Hotels, la Tropicale Amissa Bongo est idéale pour le début de saison : « C’est la première belle course du calendrier. Il y a l’Australie qui est réservée aux équipes World Tour (ndlr première division du cyclisme mondial), c’est une course par étapes. L’an dernier, on s’est aperçu qu’on manquait de jours de compétitions […] Elle est bien placée dans le calendrier, on peut enchaîner avec le calendrier européen. Ce n’est pas une course toute plate, elle est bien organisée et c’est en cela qu’elle est alléchante et attirante pour nous. » Emmanuel Hubert, le manager d’Arkea-Samsic, abonde aussi dans ce sens. Pour lui, c’est une belle course, relevée, qui correspond bien à ses coureurs, comme sa nouvelle recrue, André Greipel pour les sprints.

Jerome Pineau, manager général de Vital Concept – B&B Hotels, sur la Tropicale Amissa Bongo

28-12-2018
– Par
Maxime Martinez

Les équipes françaises savent où elles mettent les pieds, au Gabon : avec un climat tempéré, un décalage horaire raisonnable, les équipes européennes ne sont pas dépaysées. Dès la première édition, l’équipe FDJ (désormais Groupama-FDJ) y avait participé. Toutes les équipes tricolores qui ont fait partie du peloton pro depuis, ont suivi. De plus, une partie du comité d’organisation française, dont l’ancien professionnel Philippe Crepel, qui participe au développement de la course depuis 2006 et occupe actuellement le poste de directeur de la course.

Un radar du niveau du cyclisme africain.

En remportant la Tropicale l’an dernier, le Rwandais Joseph Areruya a tout gagné. La plus belle course à étapes africaine à son palmarès, un trophée de cycliste africain de l’année et surtout un contrat pro, dans l’équipe française Delko Marseille Provence – KTM. Une équipe qui avait participé à la course gabonaise l’an dernier.

Cette course peut en effet être un endroit de détection de coureurs africains, jeunes prometteurs ou confirmé ayant été oublié des radars, et potentielles recrues pour les années suivantes. « Lors de ma première participation à la Tropicale (comme coureur), j’avais vu que l’Érythrée avait un bon potentiel avec Nathanaël Berhane ou encore Daniel Teklehaimanot », confie Jérôme Pineau qui l’a disputée en 2011 sous le maillot de la Quick-Step. Deux coureurs passés sous des maillots français : Berhane chez Europcar/Direct Energie, Teklehaimanot chez Cofidis.

Chez Jean-René Bernaudeau, c’est un autre esprit qui motive sa participation. Pour lui, le cyclisme africain doit se développer, mais en Afrique. « J’ai toujours été curieux, regardé les progrès de mon sport et la Tropicale mérite qu’on y participe et que ce soit le baromètre du développement du cyclisme africain. Et ce développement est assez important, ces dernières années : le niveau a largement augmenté. » L’exemple de la Dimension Data, l’équipe sud-africaine qui depuis vingt ans a monté tous les échelons jusqu’à la première division, ou encore les coureurs érythréens, cités plus haut, pays où la culture cycliste est très présente. Et le fait que trois des cinq derniers vainqueurs de la Tropicale soient africains (Natanael Berhane, Rafaâ Chtioui et Joesph Areruya) est aussi un exemple criant.

Les équipes françaises qui avaient remportées les huit premières éditions sans discontinuer ont désormais de la concurrence, en Afrique. Emmanuel Hubert, de l’équipe Arkéa-Samsic le consent : « Il n’y a plus de “course de préparation” ». Et ce ne peut être qu’une bonne nouvelle pour le spectacle sur la Tropicale, pour le cyclisme africain et le cyclisme en règle générale.