L’Afrique, les USA et l’UE veulent la vérité des urnes

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L’Afrique, les Etats-Unis et l’Europe ont demandé vendredi à Kinshasa de respecter le choix des électeurs congolais. Cela après le scrutin présidentiel historique de dimanche dernier pour désigner le successeur du président Joseph Kabila.

La puissante Eglise catholique congolaise demande exactement la même chose. Sa conférence épiscopale a même suscité la colère de la majorité pro-Kabila et de la commission électorale pour avoir laissé entendre qu’elle connaissait déjà le nom du vainqueur.

La commission électorale n’a toujours pas précisé si elle proclamerait dimanche comme prévu les résultats provisoires ou si elle reporterait son annonce à cause de la lenteur de la remontée des résultats.

Trois candidats principaux

L’élection présidentielle de dimanche doit désigner le successeur de Joseph Kabila, premier dirigeant congolais à renoncer au pouvoir sous pression de la Constitution et non des armes.

Trois candidats -sur 21- sont vraiment en course pour sa succession: le candidat du pouvoir et de Joseph Kabila, l’ex-ministre de l’Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary, et les deux oppsosants Martin Fayulu et Félix Tshisekedi.

Réunion du Conseil de sécurité

Une réunion du Conseil de sécurité sur la RDC s’est tenue huis-clos à 20h00 GMT (21h00 heure suisse) à New York. Au cours d’une discussion de près de deux heures, les membres du Conseil ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur un communiqué commun. Plusieurs pays, y compris d’Afrique, ont estimé qu’il était prématuré de le faire, ont rapporté des diplomates.

«Ces élections ont permis l’expression de la volonté souveraine du peuple congolais. La consolidation des résultats doit se poursuivre dans la transparence», a commenté François Delattre, ambassadeur de France auprès de l’ONU, à l’issue du Conseil. «Les résultats qui seront proclamés devront être conformes au vote du peuple congolais», a-t-il poursuivi.

Avant cette réunion, l’Union européenne a demandé que «les résultats dont la proclamation est attendue soient conformes au vote du peuple congolais».
«L’UE s’associe aux appels, entre autres de la mission d’observation électorale de l’Union Africaine et du président de la Commission de l’UA», écrit Bruxelles. Les Etats-Unis, l’UE et l’UA sont «en train d’accorder leurs points de vue» sur l’attitude à tenir vis à vis de la situation en RDC, a ajouté M. Reynders à l’agence Belga. Ex-puissance coloniale, la Belgique est membre non-permanent du Conseil de sécurité.

Souvent considérée comme le «syndicat des chefs d’Etat africain» qui défend les intérêts des pouvoirs en place, l’UA a aussi estimé que «le respect des résultats de l’élection est crucial».

Eglise visée

En RDC, la journée a été marquée par les réactions très virulentes de la majorité pro-Kabila et de la Commission électorale contre l’Eglise catholique.

La Conférence épiscopale (Cenco) affirme connaître le nom du vainqueur et demande à la Commission électorale de proclamer les résultats dans la «vérité et la justice».
Le secrétaire général de la Cenco l’abbé Donatien Nshole a fait cette déclaration jeudi en présentant le rapport préliminaire des 40’000 observateurs électoraux de l’église catholique.

Cette déclaration «viole gravement la Constitution», a tempêté le porte-parole de la coalition au pouvoir Front commun pour le Congo (FCC), Barnabé Kikaya Bin Karubi.

«L’annonce des tendances (…) par monsieur l’abbé Nshole est de nature à intoxiquer la population en préparant un soulèvement dont la Cenco sera seule responsable», a écrit le président de la commission électorale Corneille Nangaa dans un courrier au président de la conférence épiscopale Mgr Marcel Utembi. (ats/nxp)

Créé: 04.01.2019, 21h39