Le fonds de dotation du Bordelais Pierre Castel récompense 3 entrepreneurs africains

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« L’Afrique, c’est toute ma vie », déclare Pierre Castel quand on l’interroge sur ce que représente l’Afrique pour lui. C’est en Afrique que sous son impulsion s’est construite une part importante du groupe Castel. Un groupe, qui emploie plus de 25 000 personnes dans le monde et est l’incontestable numéro 1 des vins français.

Attaché à stimuler l’esprit entrepreneurial et aux valeurs de solidarité économique et sociale, l’homme d’affaires bordelais a créé en septembre 2017 un fonds de dotation Bordeaux-Afrique. En s’appuyant sur l’expérience du Club Bordeaux Cameroun France et notamment sur son programme de parrainage de jeunes entrepreneurs africains.

Un programme, piloté par la Ville de Bordeaux, qui a accompagné plus de 50 entrepreneurs issus de 5 pays d’Afrique subsaharienne : Cameroun, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali et Sénégal entre 2009 et 2017.

Un fonds pour aider les Africains à relever les défis majeurs du futur

Ce fonds de dotation a pour mission de soutenir et d’accompagner financièrement les projets et les actions qui, dans les domaines de l’agriculture et de l’agroalimentaire, contribuent au développement des territoires africains et aux dynamiques d’échanges avec les territoires français. En vue de faire reculer la pauvreté et l’insécurité alimentaire, en milieu rural et urbain.

L’Afrique compte aujourd’hui 1,2 milliard d’habitants, mais elle devra nourrir, former, loger, soigner, employer, 1 milliard de nouveaux habitants d’ici 30 ans. À cette date un quart des actifs de la planète seront africains. Ce sera la population la plus jeune du monde, un atout pour le continent mais aussi un défi redoutable.

Pour aider l’Afrique à relever ces défis, le fonds de dotation attribuera chaque année le « Prix Pierre Castel » décerné par un jury franco-africain pour un projet ou une action. Mais aussi la « Bourse Pierre Castel » à un étudiant d’une École ou Université de la filière agronomie. Sans oublier le financement ou le cofinancement des actions / projets en Afrique ou en France et la garantie bancaire pour des jeunes entrepreneurs porteurs de projets.

Voici les 3 premiers lauréats

Pour sa première année, le fonds de dotation concentre ses efforts dans un premier temps
sur 3 pays : Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire. Les lauréats 2018 bénéficient d’une dotation de 15 000 euros pour récompenser un entrepreneur agricole dans ces pays.

Parmi plus de 200 projets éligibles, Brice Kaboré (Burkina Faso), avec « Tropical Food and Beverage Company », Flavien Kouatcha (Cameroun), avec « Save Our Agriculture » et Daniel Oulaï (Côte d’Ivoire), avec « Grainothèque » ont été sélectionnés par le jury.

Trois projets, qui ont valeur d’exemple pour les jeunes entrepreneurs africains. Agé de 29 ans, Brice Kaboré intervient au Burkina Faso dans l’agro-alimentaire en transformant et commercialisant la noix de cajou, le sésame et la pomme de terre produits localement respectivement en amande grillée de cajou salée, en caramels, croustilles, huile de sésame et en chips de pomme de terre.

En plus de ces principaux produits, il transforme le souchet, produit abondant au niveau local, en biscuits, le miel et le sésame également en biscuits et fabrique aussi des infusions à partir de plantes aromatiques locales. Sa société permet à des familles modestes d’accéder à des produits de qualité supérieure au quotidien.

Flavien Kouatcha, quant à lui, remporte le prix au Cameroun. Il est le fondateur d’une toute jeune entreprise prometteuse et innovante Save Our Agriculture, créée en 2015 spécialisée dans l’Aquaponie, un domaine de l’agriculture moderne qui permet de produire des légumes et du poisson frais sans engrais chimiques et de cibler un marché de filières courtes par l’installation de kits aquaponiques chez les particuliers. “Ce prix nous donne aussi accès à du mentoring et cela c’est précieux pour nous”, souligne-t-il.

Troisième lauréat, Daniel Oulaï, remporte le prix en Côte d’Ivoire, avec sa société sociale et solidaire dénommée « Grainothèque » qui transforme de façon durable l’agriculture paysanne ivoirienne en un secteur compétitif par des innovations frugales et des technologies de précision tout en préservant la biodiversité génétique des semences paysannes avec la création d’une banque de semences paysannes. “Ce prix va nous aider à développer encore plus ce modèle d’agriculture intégrée”, se réjouit-il.

Spécialisée dans la production des aliments, la lutte contre les ravageurs, la valorisation des déchets et les formations des jeunes « vulnérables », Grainothèque emploie 145 jeunes dans les chaînes de valeurs de son système de production intégré (élevage, agriculture et valorisation de déchet) et compte employer 1000 jeunes d’ici 2023. Elle contribue à réduire les pertes post-récolte et garantir aux populations une autosuffisance en protéine végétale à travers un système de production agricole sophistiqué.

Des projets innovants, qui seront épaulés financièrement par le fonds et pourront bénéficier de l’expertise et de la puissance du réseau du groupe Castel pour se déployer sur le continent. De petites graines, appelées à grandir. “Ce prix est l’expression d’une foi dans la jeunesse africaine“, met en avant Pierre-Yves De Gaétan Njikam, président du club Bordeaux-Cameroun-France et directeur général du fonds de dotation. “C’est une source de motivation pour nos jeunes”‘, assure Armand Béouindé, maire de Ouagadougou.