Ligue 1: l’insaisissable « Parisien » d’Angers Toko Ekambi

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Originaire de Paris et supporter assumé du PSG, Karl Toko Ekambi (5 buts en L1 avec Angers) espère faire souffrir samedi l’arrière-garde parisienne avec ses accélérations et ses dribbles déroutants, lui qui a bien failli faire faux bond au football professionnel à l’adolescence.

« Contre le PSG, c’est l’un des matches où l’on a le moins de chances de gagner mais moi j’ai envie de gagner, je ne suis pas là pour les regarder jouer », a clamé l’attaquant de 25 ans, qui a grandi dans le XIIIe arrondissement de Paris, lors d’un entretien à l’AFP.

Mettre fin à 42 ans sans succès du SCO contre le club de la capitale, voilà le défi qui attend ce joueur que sa vitesse balle au pied et ses dribbles rendent imprévisible sur le terrain. Mais qui est parfois aussi déroutant en dehors.

Comme ce jour où, à 16 ans, il claque la porte du Paris FC, tournant le dos à une carrière professionnelle qui lui tendait les bras, parce qu’il avait perdu la flamme.

« Je commençais à avoir des sollicitations de clubs pros, mais je me suis blessé au genou et elles ont disparu. À l’époque au PFC, il n’y avait pas trop de suivi médical, l’équipe U16 était en plus descendue d’un niveau… Tout ça m’a un peu fait chier, donc j’ai décidé d’arrêter », avait-il raconté à France Football il y a quelques temps.

« Je me suis dit que peut-être (devenir pro) n’était pas ce qui devait m’arriver », a-t-il confié à l’AFP, mardi.

Sans véritable projet d’avenir, il retourne taquiner la balle avec ses potes du FC Gobelins Paris 13.

« C’était un niveau un peu bas, j’avais beaucoup de facilité. Mais quand je jouais avec mes potes, je prenais autant, voire plus de plaisir, parce que c’était plus un amusement qu’autre chose. Au Paris FC c’était plus du travail que du plaisir. Je pense que ça m’a fait du bien d’arrêter le foot », a-t-il poursuivi.

Une éclipse d’un an et demi, avant d’être repris de justesse par d’anciens coaches du Paris FC qui parviennent à le convaincre de revenir et de raccrocher le wagon d’une carrière qui semblait mort-née.

– CAN qui rit, Mondial qui pleure –

À 19 ans, il (re)débute en National avec le PFC, à 21 ans il signe pro à Sochaux où il inscrit 26 buts en deux saisons, avant de rejoindre le SCO.

Ailier gauche dans un 4-3-3 l’an dernier, il avait marqué 7 buts et donné 4 passes décisives en 31 matches.

Resté à Angers cette année malgré les sollicitations – contrairement à Famara Diedhiou ou Nicolas Pépé, partis après une seule saison complète au SCO -, il en est déjà à 5 buts et 1 passe décisive en 10 matches.

Cette saison, il évolue aussi dans l’axe dans un système à deux pointes parfois choisi par un Angers qui essaye d’être plus ambitieux dans son jeu offensif, avec des résultats pour l’instant mitigés (12e avec 13 points).

« On a un peu changé notre style de jeu, on joue plus. Mais ça ne se traduit pas encore dans les résultats », a reconnu l’attaquant.

Sa progression constante à Sochaux puis au SCO lui a ouvert les portes de la sélection camerounaise, avec laquelle il a remporté la Coupe d’Afrique des nations 2017 au Gabon.

Dans la foulée de ce succès inattendu, les Lions Indomptables ont raté la qualification pour le Mondial russe, dans un groupe très relevé avec le Nigeria et l’Algérie.

« C’est une déception. Forcément, on était attendu, parce que le Cameroun c’est une grande nation du foot africain », a-t-il admis.

Mais « il y a une CAN en 2019 à préparer (qui se jouera) au Cameroun », a-t-il immédiatement ajouté, le regard toujours droit devant lui, dans la vie comme sur le terrain.

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