Private Equity: l'Américain Blackstone fait ses valises en Afrique subsaharienne

      Commentaires fermés sur Private Equity: l'Américain Blackstone fait ses valises en Afrique subsaharienne

Le New York Colossus Blackstone a confirmé sa sortie de Black Rhino, un fonds d’investissement dédié aux infrastructures et à l’énergie au sud du Sahara. Au départ, il prévoyait des investissements de 5 milliards de dollars sur la période 2014-2019.


Après KKR, qui a dissous ses équipes en Afrique subsaharienne fin 2017, un autre géant américain du capital investissement a jeté l'éponge au sud du Sahara. Évoqué en avril 2018 par Jeune entreprise africaine +, la séparation entre Blackstone et Black Rhino a été confirmée début février par un représentant de la société américaine à Wall Street Journal.

Le colosse, qui gère 472 milliards de dollars d'actifs, a décidé de revendre Un investisseur-investisseur basé en Afrique du Sud à son équipe de direction. Blackstone a pris le contrôle de Black Rhino en juillet 2014.

Les raisons de la cession n’étaient pas formalisées, mais en 2018, les observateurs du marché avaient noté la frustration de Blackstone au sujet des quelques projets proposés par la direction de Black Rhino, qui étaient conformes à ses critères d’investissement. Compétition chinoise sur des projets d'infrastructure a également été invoqué. Le statut de la disposition de Black Rhino n'est pas connu.


>>> LIRE – Le capital-investissement défend sa contribution positive en Afrique


Projets exceptionnels

Très rapidement après son acquisition par Blackstone, Black Rhino a annoncé des avancées majeures. En août 2014, un accord tripartite a été signé entre Blackstone, Black Rhino et Industries Dangote, conglomérat de Magnat nigérian Aliko Dangoted'investir conjointement "jusqu'à 5 milliards de dollars sur cinq ans pour des projets d'infrastructure énergétique en Afrique subsaharienne, en particulier dans les secteurs de l'électricité, des transports et des pipelines".

Début 2015, Black Rhino a annoncé un autre accord portant sur le développement et la gestion du pipeline Horn of Africa, un pipeline de 550 km coûtant 1,4 milliard de dollars entre l’Éthiopie et l’Égypte.


>>> LIRE – L'Egypte désormais plus attrayante que l'Afrique du Sud: les 10 principaux pays dans lesquels investir selon Rand Banque d'affaires


Plus récemment, en octobre 2017, Black Rhino, le groupe Dangote et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), le gestionnaire public du secteur pétrolier et gazier, ont annoncé la conclusion avec Abuja d'un contrat d'achat d'électricité pour la future centrale. Qua Iboe thermique (540 MW), dans l’état d’Akwa Ibom (sud-est). Ce projet, qui coûte plus d’un milliard de dollars et a déjà plusieurs années, en était à une phase antérieure dirigée par NNPC et Mobil.

"De nombreux autres projets sont dans notre portefeuille, suffisamment pour nous assurer que Black Rhino sera un contributeur majeur aux investissements directs étrangers et au développement des infrastructures au Nigeria pour les années à venir", a annoncé la société d'investissement début 2017.

Au cours du dernier trimestre de 2017, le gouvernement éthiopien a annulé le pipeline Horn of Africa.

En fait, après quatre ans et demi d’activité, aucun des projets annoncés par Black Rhino n’a encore vu le jour. Pour aggraver les choses, au cours du dernier trimestre de 2017, le gouvernement éthiopien a annulé le pipeline Horn of Africa, réclamant le début prévu d'une ligne de chemin de fer (y compris le fret) avec Djibouti.

Ni les aspirations de développement ivoiriennes ni sénégalaises ne se sont jamais réalisées.

Le rhinocéros noir en danger?

En 2018, selon la presse spécialisée, Blackstone avait cessé d'investir dans Black Rhino. La situation de la direction de Black Rhino reste incertaine. Le site internet de la société d'investissement semble en maintenance depuis plusieurs semaines. Les comptes sur le réseau social professionnel Linkedin de Brian Herlihy, le fondateur, et Daniel O'Shea, directeur général, indiquent toujours une affiliation à Black Rhino. Il en va de même pour l'américaine Mimi Alemayehou, ancienne vice-présidente exécutive de l'Overseas Private Investment Corporation (OPIC), l'agence de coopération américaine, recruté en tant que PDG de Black Rhino et président du comité des véhicules de placement de Blackstone Africa Infrastructure LP.

En mars de la même année, Greg Meneses, associé sud-africain, membre de Black Rhino et compagnon de route de Brian Herlihy, fondateur de la société d'investissement, a quitté le groupe et rejoint InfraSalience, spécialiste du développement de produits chimiques verts durables.

En mai 2018, Jeune entreprise africaine + a indiqué que le britannique Globeleq était en train d’acquérir le projet gazier nigérian Qua Iboe. La nature exacte de la transaction reste incertaine. Globeleq indique, sur son site Web, qu'il codéveloppera ce projet avec Black Rhino. Et début janvier 2019, le gouvernement nigérian a approuvé un plan de soutien de cette usine proposée par l'État fédéré de Kano, en présence de Financier nigérian Lamido Sanusi, ancien gouverneur de la Banque centrale et émir de la chefferie traditionnelle de Kano, recruté en juin 2015 à la présidence du conseil d'administration de Black Rhino.

Blackstone toujours présent en Afrique du Nord

La libération de Blackstone du continent n’est toutefois pas complète, l’Américain restant présent en Afrique du Nord. À l'inverse de son alliance avec Black Rhino – qui consistait à intégrer une équipe déjà constituée -, le géant américain a lancé directement en octobre 2018 un nouveau fonds dédié aux énergies renouvelables en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Avec ce fonds, appelé "Zarou"Blackstone, qui a un bureau à Dubaï mais aucun sur le continent africain, fournit "plusieurs centaines de millions de dollars, dont la Jordanie, l'Egypte et le Maroc".