Procès d’opposants en Guinée équatoriale: le procureur demande la dissolution du parti CI

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Le principal parti d’opposition en Guinée équatoriale, Citoyens pour l’innovation (CI), « doit être dissous », a demandé jeudi le procureur général de la République, David Nguema Obiang, à la barre du procès de 147 militants du parti, selon la télévision d’Etat.

« Le parti CI doit être dissous, il y a de la violence partout où ce parti fait des meetings, ça ne ressemble pas à un parti politique car ils ne respectent aucune norme, c’est comme un groupe paramilitaire », a déclaré M. Nguema Obiang au tribunal de Mongomo, dans une plaidoirie retransmise à la télévision d’Etat vendredi matin.

147 militants de CI, arrêtés à diverses occasions non détaillées depuis les élections législatives de novembre, sont jugés depuis le 12 février à Mongomo, fief du président Teodoro Obiang Nguema situé sur la partie continentale de la Guinée.

La peine de mort a été requise pour les 147 prévenus par le ministère public.

De sources concordantes, les 147 militants sont poursuivis pour « sédition, désordre public, atteintes à l’autorité et blessures graves » suite aux échauffourées survenus le 5 novembre à Aconibe, en pleine compagne pour les législatives du 12 novembre.

La police avait empêché la tenue d’un meeting de campagne du CI dans cette ville natale du leader du parti, Gabriel Nse Obiang Obono. Trois policiers avaient été blessés, et leurs armes de service, trois AK-47 et un pistolet, arrachées.

Mais « 90% des accusés n’étaient pas présents à Aconibé » lors du meeting, estime une source diplomatique sous-régionale à l’AFP.

Il y a des militants arrêtés à « Bata et Malabo » parmi les accusés, continue la source, qui affirme que « de nombreux transferts (de prisonniers) ont eu lieu ».

Après avoir requis la peine de mort pour tous les accusés au début du procès, le procureur a estimé jeudi qu’il fallait que « les gens qui n’ont rien a voir avec les événements d’Aconibe soient remis en liberté ».

La phase des audiences du procès est arrivée à son terme jeudi et « le verdict est attendu lundi prochain », a assuré à l’AFP un des avocats des militants, Fabian Nsue Nguema.

Début février, l’Union européenne s’est inquiétée de la « forte détérioration de la situation des droits de l’homme » dans le pays.

La Guinée équatoriale, un des plus gros producteurs de pétrole d’Afrique subsaharienne, mais dont la grande majorité des 1,2 million d’habitants vit dans la pauvreté, est dirigée de façon autoritaire par le président Obiang Nguema depuis 1979. Le pouvoir a obtenu 99 sièges sur 100 au Parlement aux élections de novembre, un siège allant au CI.

Depuis ces élections, « les restrictions de liberté et arrestations, en particulier d’opposants politiques, se poursuivent sans discontinuer », selon l’Union européenne.

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