Quatre civils tués au Mali, où l’armée impose des limitations de circuler

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Au moins quatre civils ont été tués vendredi et samedi dans le nord du Mali, où l’armée a décidé d’interdire, de même que dans le centre du pays, la circulation des motos et des pick-up dans certaines localités pour renforcer la lutte contre les jihadistes.

« De présumés jihadistes ont tué (vendredi) au moins quatre civils vers la localité de Talataye », située dans la région de Gao, a déclaré à l’AFP un élu de la région, qui a également fait état de la mort d’un nombre indéterminé de « combattants d’un groupe armé ».

Des jihadistes s’en prennent régulièrement dans cette région à l’une des branches du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), issue de l’ex-rébellion, lui reprochant sa proximité avec un groupe armé pro-gouvernemental, a expliqué un autre élu local. 

Les civils considérés comme des proches de cette branche du MSA font également l’objet d’attaques, a-t-il ajouté.

Selon une source sécuritaire malienne, les assaillants ont pris des otages lors de l’attaque de vendredi, dont « au moins un » a été tué samedi.

Dimanche matin, « la tension reste vive dans le secteur de Talataye, où des coups de feu ont été entendus », a indiqué à l’AFP une source sécuritaire étrangère.

Face à la multiplication des attaques jihadistes, l’armée malienne a décidé d’interdire cette semaine la circulation des motos et des pick-up, véhicules généralement utilisés par les islamistes, dans plusieurs localités du centre et du nord.

Sont concernés une douzaine de « cercles » dans les régions de Ségou et Mopti (centre) et Tombouctou (nord-ouest), selon un communiqué de l’état-major.

La mesure inclut le cercle de Nianfunké (Tombouctou), dont une localité, Soumpi, a subi fin janvier une attaque ayant fait 14 morts et 18 blessés dans les rangs de l’armée.

« Les convois humanitaires ou tous autres convois spécifiques doivent requérir l’autorisation du commandement militaire du secteur pour bénéficier d’une escorte », a ajouté l’armée, en précisant que tout contrevenant « sera traité comme cible militaire ».

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes.

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