Sommet Africités: Les territoires, bien décidés à faire pression sur le pouvoir

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Le Sommet Africités est à mi-parcours. Depuis mardi et jusqu’au 24 novembre, plus de 3.000 élus africains débattent à Marrakech avec les organisations de jeunes et de femmes, les acteurs de la société civile, du secteur privé, du monde de l’université et de la recherche, et du milieu de la coopération internationale. Près de 5.000 participants travaillent la vision partagée d’une Afrique plus juste et plus durable.

Organisée pour la seconde fois en 10 ans au Maroc, la rencontre panafricaine phare des Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA) célèbre ses 20 ans d’existence avec un discours immuable: le développement sera local ou ne sera pas. «L’Afrique veut tourner le dos aux modèles irresponsables. Nous sommes dans la région du monde où il est le plus facile d’opérer un changement de paradigme vers un développement durable», explique la maire de Dakar et présidente du comité politique d’Africités, Soham El Wardini.

Cette 8e édition est celle de la maturité. La conscience s’installe: le sort économique, social, politique et culturel de l’Afrique est définitivement lié à celui de ses villes. «Il s’agissait de faire comprendre à tous que la puissance publique avait désormais deux faces d’égale dignité en Afrique, une face nationale et une face locale», confie Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de CGLUA et président du sommet.

Très peu de pays africains se sont dotés de politiques urbaines nationales, le Maroc figurant parmi les exceptions. Lors du sommet, la «journée sur la planification urbaine» fait donc office de «piqûre de rappel» pour que cette question soit à l’ordre du jour des politiques publiques des États africains.

«Nous estimons aussi nécessaire que les plus hautes autorités se saisissent du rôle des villes et territoires dans la transformation structurelle du continent et en fasse un des thèmes d’un des prochains sommets des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine», continue Elong Mbassi.

Mais attention, l’Afrique ne doit pas suivre la même voie de croissance et de développement qu’ont suivie les pays aujourd’hui développés ou que sont en train de suivre les pays émergents. Ces modèles de croissance étant à la base ou contribuant à accélérer le processus du réchauffement climatique de la planète.

«Les instruments internationaux doivent être créés pour permettre aux collectivités territoriales d’accéder aux ressources dont elles ont besoin», précise Mpho Parks Tau, ancien maire de la ville de Johannesburg en Afrique du Sud.

Une population urbaine à grande vitesse

Le continent africain possède le taux d’urbanisation le plus élevé au monde et celui-ci ne cessera de s’accroître. Aujourd’hui, 471 millions, soit environ 50%, des Africains habitent dans des villes. La population urbaine de l’Afrique est équivalente à celle de l’Union européenne, plus que la population totale des Etats-Unis. Les projections font de l’Afrique le continent le plus peuplé en 2050 avec plus de 2,2 milliards d’individus, devant la Chine et l’Inde. Mais le fait urbain ne se manifeste pas seulement par la croissance des grandes villes. Les petites villes (de 10.000 à 100.000 habitants) et les villes intermédiaires (de 100.000 à 1.000.000 habitants) représentent un peu plus de 60% de la population urbaine en Afrique.

J.A.

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