[Tribune] RDC: une transition réussie et le principe de subsidiarité renforcée

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Lors des dernières élections en RDC, la souveraineté du pays a été partiellement préservée grâce à la force du principe de subsidiarité que la SADC a défendu contre l’opinion de la présidence de la Commission de l’Union africaine et celle de la communauté. selon Francine Muyumba.


Près de soixante ans après l'indépendance, Les Congolais ont traversé une transition politique pacifique après un processus électoral certes perfectible mais ô combien historique. En effet, au-delà de l'alternance politique, ces élections ont révélé la phase troublante de certaines organisations internationales et de nombreuses chancelleries, principalement occidentales. Ces acteurs ont du mal à saisir la profondeur du changement sociétal. "Kabila poursuivra à tout prix", "Kabila mettra son dauphin en force", "Kabila nommé Tshisekedi" … Qu'avons-nous jamais entendu et que les autorités devraient être plus réservées?


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De nombreux observateurs continuent de promettre le chaos. Ils ont tous tort! Sans vouloir offenser M. Mo Ibrahim, les bottes de l'est du Congo resteront silencieuses. "Dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau", alors qu'il est si important pour lui d'être le porte-parole de notre génération, je tiens à l'assurer qu'en RDC, nous avons fait un choix résolu et irréversible. Nous continuerons à construire une nation à notre image et nous ferons toujours des progrès dans la construction de la démocratie chez les Congolais et non dans une version tropicale de ce qui se fait dans le monde.

La souveraineté de la RDC a été préservée grâce à la rigidité des autorités congolaises qui ont défendu les institutions nationales pour éviter toute ingérence extérieure.

Souveraineté préservée

La souveraineté de la RDC a été préservée grâce à la rigidité des autorités congolaises qui ont défendu les institutions nationales afin d'éviter toute ingérence extérieure dans le processus électoral. La gestion du conflit post-électoral a suivi son cours normal. Il a également été préservé grâce à la force du principe de subsidiarité que la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) a vigoureusement défendu contre l'avis de la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) et celle de la célèbre communauté internationale.


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Quand je parle des pays de la SADC, je rends un hommage particulier à la République d'Afrique du Sud. Elle a été le principal défenseur de la RDC en matière de plaidoyer auprès de la SADC, de l'UA et de l'ONU. Il ne serait pas exagéré de considérer que l’axe de coopération entre l’Afrique du Sud et la République démocratique du Congo est appelé à se développer et à se renforcer au cours des prochaines années.

Renforcer le principe de subsidiarité

Au cours des premières années de l’indépendance, les pays africains se sont montrés habiles en matière de politique de non-alignement et de coopération Sud-Sud. Dans les années à venir, grâce au projet de réforme de l'Union africaine, il sera certainement nécessaire de renforcer les institutions qui donnent un sens au principe de subsidiarité. Récemment, certaines organisations d'intégration sous-régionales ont démontré leur pertinence en Afrique, en particulier dans crise post-électorale en Gambie, ou la crise entre le Soudan et le Sud-Soudan.

L’UA pourrait consacrer le temps et l’énergie ainsi libérés à la gestion efficace des questions d’intégration régionale pour lesquelles elle a du mal à produire des résultats convaincants.

Si ce mode de résolution des conflits était appliqué, comme le préconisent les textes, cela éviterait que l'UA ne soit en première ligne des conflits qui auraient pu être résolus par les organisations d'intégration sous-régionales concernées. L’UA pourrait consacrer le temps et l’énergie ainsi libérés à la gestion efficace des questions d’intégration régionale pour lesquelles elle a du mal à produire des résultats convaincants.

Vers une profonde réforme de l'UA

En outre, la crise du multilatéralisme est presque devenue une fatalité. Et les victimes de cette situation se trouvent sur le même continent: l’Afrique. Qu'il s'agisse de justice internationale, de finance mondiale, de commerce international, d'institutions dysfonctionnelles héritées de la Seconde Guerre mondiale …

La réparation de ces injustices nécessite une réforme en profondeur de l'UA. Le risque d'une crise postélectorale que la RDC a ratée nous rappelle l'urgence de ces réformes au sein des institutions panafricaines et, plus largement, l'avènement d'un nouvel ordre mondial plus équitable. Sans cela, notre génération vivrait très probablement le crépuscule du multilatéralisme.