Un fonds de développement pour les villes africaines

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Il devrait permettre aux villes du continent d’émettre des obligations sur les marchés de capitaux nationaux ou internationaux.

Un fonds de développement des villes africaines (FODEVA) sera dédié au financement des infrastructures, équipements et services urbains. C’est l’un des projets phares qui ont été débattus lors de la huitième édition du Sommet Africities 2018, lequel se poursuivra jusqu’au 25 novembre à Marrakech. Selon le secrétaire général Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLU), Jean-Pierre Elong Mbassi : «ce fonds devrait permettre aux villes africaines d’émettre des obligations sur les marchés nationaux ou internationaux de capitaux. Il a pour objectif entre autres de vendre la destination collectivités territoriales d’Afrique aux investisseurs et de préparer la capacité d’absorption et de gestion de la dette par lesdites collectivités». Cela dit, il est à noter que la feuille de route de ce projet ambitieux a déjà été élaborée. Elle définit, entre autre, la composition du capital et le portefeuille de risques. Intervenant dans ce même débat, le président du Directoire de l’Agence France locale, Yves Millardet, qui a présenté l’expérience de cette structure de prêts créée en 2014 par les collectivités françaises pour diversifier leurs sources de financement, a précisé que cet organisme sert notamment «à développer les modalités d’emprunt pour le financement des investissements des collectivités en France grâce à un accès mutualisé au marché obligataire international».

À ce sujet, il est à rappeler que cette agence procède à des émissions de dettes obligataires dans l’objectif de permettre aux collectivités adhérentes de bénéficier de taux bas. Les fonds levés sur les marchés financiers sont par la suite répartis sur les adhérents de l’agence sous forme de prêts bancaires classiques. Sur un autre registre, le sommet a été marqué par la création du «Forum des régions africaines». Ainsi, un bureau exécutif intérimaire, présidé par Abdenbi Bioui, président de la Région de l’Oriental a été élu par les chefs de régions et collectivités locales africaines.

Selon le président du forum, «puisque la Région de l’Oriental abritera le siège du forum, une réunion élargie se tiendra à Oujda en avril prochain et réunira l’ensemble des régions africaines. Durant cette réunion, des élections élargies seront organisées pour élire le bureau exécutif et le président de ce forum». Sur ce point, il est à préciser que cette instance devra constituer «une plateforme d’échange et de partage des expériences entre les présidents des régions pour concrétiser le développement socio-économique en faveur de la population africaine».

En attendant, la mise en place du fonds de développement des villes africaines et l’activation du forum des régions africaines, un autre point très important a été soulevé par les intervenants aux débats de ce sommet. Il s’agit de la promotion de l’économie sociale et solidaire en Afrique. Ainsi, lors d’un atelier sur le thème «S’allier pour durer : l’enjeu du pacte d’engagement entre les acteurs du territoire», il était question pour les experts présents de travailler sur la promotion de l’économie sociale et solidaire en Afrique et d’une agriculture écologique. Ces deux volets devant booster le développement local et développer la sécurité alimentaire tout en préservant l’environnement. Pour la vice-présidente du développement durable, métropole de Lille Europe, Christiane Bouchart, «l’économie sociale et solidaire est un modèle économique porteur d’une vraie approche de développement durable basée sur des pratiques où tous les moyens économiques employés ont des objectifs sociaux et environnementaux». Aussi, il est aujourd’hui du devoir sacré des élus locaux, souvent déconnectés de la triste réalité de leurs collectivités, d’inscrire l’économie sociale et solidaire dans les priorités de leurs programmes de développement. Ils doivent aussi lier des partenariats avec les acteurs locaux pour développer ce modèle économique.

Toutefois, les bons discours, les bonne approches économiques et sociales se heurtent souvent à un manque flagrant de transparence dans le gestion des affaires locales en Afrique. D’ailleurs, ceci a été soulevé par des juristes lors d’un atelier dédié à ce volet sous le thème «transparence et intégrité au sein des collectivités territoriales». Les experts n’ont pas manqué cette occasion pour rappeler une fois de plus le lourd fardeau que porte le continent, lequel est généré par une corruption très développée en Afrique. Ils ont demandé «des mesures anti-corruption dans les institutions de gouvernance infranationales».


Une forte affluence pour les équipements smart city

Énergie solaire, lampes à basse consommation, lampes de décoration ou encore du matériel de climatisation des bâtiments, ce sont les principaux produits demandés lors de la 8e édition du Salon international des villes et collectivités territoriales d’Afrique, qui se tient en marge du sommet des Africités 2018 (20-24 novembre). Vitrine unique du marché africain des collectivités territoriales qui offre de réelles opportunités portées par des milliers de projets d’investissements réalisés chaque année, ce salon propose aux opérateurs économiques, industriels, financiers et institutionnels de faire valoir leur savoir-faire, leurs équipements, produits, ingénierie et services spécialisés et de nouer des relations d’affaires avec de nombreux décideurs publics et institutionnels africains. Ledit salon a mis l’accent sur les différents secteurs d’activités liés aux besoins du marché des collectivités territoriales notamment l’aménagement territorial, l’urbanisme, le développement local, les équipements collectifs, les engins de travaux urbains, la décoration, le mobilier urbain, l’eau, l’assainissement, les déchets urbains, l’environnement, le développement durable et le recyclage.

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