Zimbabwe: controverse sur les conditions de vote de policiers

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Policiers et militaires ont commencé à voter au Zimbabwe pour les élections générales de la fin du mois, les premières depuis la chute du président Robert Mugabe, sur fond d’accusations de fraude de la part de l’opposition.

Les membres des forces de sécurité réquisitionnés pour le scrutin du 30 juillet sont appelés à voter en amont du jour J. 

Jeudi, des policiers ont ainsi glissé leur bulletin dans l’urne dans une de leurs résidences de la deuxième ville du pays Bulawayo (sud-ouest), un fief de l’opposition.

Son principal parti, le Mouvement pour un changement démocratique (MDC), a critiqué les conditions de ce scrutin, dénonçant des pressions sur ces électeurs en uniforme.

« Nos enquêtes ont montré que les policiers votaient alors que leurs employeurs les surveillaient », a affirmé vendredi à l’AFP un porte-parole du MDC, Nkululeko Sibanda, « ni la commission électorale du Zimbabwe, ni les partis n’étaient présents ».

« Le processus électoral s’est déroulé sans incident », lui a rétorqué vendredi un responsable de la police en charge de superviser les opérations de vote, Erasmus Makodza.

« Aucun policier ou officier n’a été contraint de voter devant un supérieur », a-t-il assuré à la presse.

La Commission électorale (ZEC) a elle aussi catégoriquement réfuté les allégations de l’opposition.

Sa présidente, Priscilla Chiguma, les a qualifiées de « regrettables », précisant que la ZEC n’était pas tenue d’être présente lors du scrutin des policiers et des soldats.

Des membres de la mission d’observation de l’Union européenne (UE) ont par contre assisté jeudi au vote à Bulawayo. « Nous attendons le rapport de nos observateurs pour savoir si ces policiers ont effectivement pu voter de façon secrète », a expliqué leur porte-parole, Eberhard Laue.

La ZEC a précisé avoir reçu 7.600 demandes de votes anticipés pour la police, l’armée et les diplomates résidant à l’étranger.

Sous le règne de M. Mugabe, les élections ont été systématiquement entachées de fraudes et de violences visant les partis d’opposition et leurs partisans.

En novembre, M. Mugabe a été contraint de démissionner, lâché par l’armée et son parti, la Zanu-PF. Son successeur, son ancien vice-président Emmerson Mnangagwa, est donné favori de la présidentielle.

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